À l’occasion du Marathon de l’Entrepreneur organisé à l’Université Paris Dauphine, Fany Péchiodat (@My_Little_Paris), fondatrice de My Little Paris est venue partager avec les étudiants (et pour certains futurs entrepreneurs) sa vision du «power of zero». Où comment se lancer en partant de rien, réussir à bien s’entourer (mentor, entrepreneur, associé, etc), ne pas avoir peur de parler de ses idées et surtout expérimenter toujours et encore sans avoir peur de l’échec.

#thinkdifferent

L’histoire commence en 2008. Fany Péchiodat travaillait alors pour les parfums Jean-Paul Gaultier et comme elle aime le répéter «à cette époque, je ne connaissais pas du tout le monde du digital». Originaire de Clermont-Ferrand, elle est amoureuse de Paris et de ses petits secrets (boutiques, coup de coeur, idées insolites, meilleures tables, etc). Elle décide d’envoyer à 50 de ses amies une newsletter et crée My Little Paris à son image pour partager le Paris qu’elle aime. Son premier bon plan : un bar insolite chez un fleuriste qui proposait des cocktails de fleur. Le ton était donné : original, décalé, insolite, nouveau.

My Little Paris

My Little Paris incarne une sorte de modèle anti-startup technologique. Aucune levée de fond (juste 5000 euros pour démarrer), Fany Péchiodat ne suit alors aucune des règles d’or du milieu et préfère s’en remettre à son instinct. Elle réussit à transformer son absence d’expertise dans le web en une force qui deviendra par la suite sa marque de fabrique : «on avait un oeil neuf qui nous a permis de repousser les limites du digital plus facilement». Par exemple, les dessins ne sont pas faits sur photoshop mais à la main par l’illustratrice japonaise Kanako Kuno qui passe en moyenne 2 heures par dessin.

Sa devise : rêver très grand mais avoir des solutions toutes petites. «On a travaillé au début de façon très artisanale et pas du tout classique car justement on ne savait pas comment cela fonctionnait. Et c’est pourquoi je pense que l’on a émergé. Les gens nous ont dit qu’il y avait une pâte humaine et que pour la première fois ils avaient  l’impression qu’il y avait quelqu’un derrière le site et pas juste un algorithme».

Le succès est immédiat. En 3 jours les abonnements passent à 300, puis 1000 en une semaine, puis 10 000 , etc. Au bout de 6 mois, elle décide de quitter son job pour se consacrer à cette nouvelle aventure à 100%. Pour faire de ce succès éditorial une réussite commerciale, Fany Péchiodat récidive et préfère une nouvelle fois suivre sa propre voix. «Pour la publicité c’est pareil, je n’avais jamais cliqué sur une bannière et je détestais les formats classiques. Je n’allais pas partir sur un business model qui reposait sur des bannières ! On a donc essayé d’inventer un format publicitaire plus intelligent  et mieux intégré. Et ça a porté ses fruits assez vite avec un taux de clic de 12% !»

My Little Paris diversification

Sans le savoir, Fany Péchiodat venait de créer un nouveau modèle, à mi chemin entre le blog classique et les sites médias. Quatre ans après son lancement, My Little a réalisé un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros en 2012 et compte aujourd’hui plus d’un million d’inscrits à sa newsletter. Fany Péchiodat a parfaitement su diversifier son modèle en lançant une version de la newsletter à Lyon et une version à Marseille, plus des déclinaisons thématiques autour du mariage (My Little Wedding), pour les mamans (My Little Kids), pour les hommes (Merci Alfred), des livres, etc. Dernier succès en date, My Little Box s’est imposé comme le leader des coffrets sur abonnement.

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